Etat d'avancement des travaux du Grand Paris Express

Etat d'avancement des travaux du Grand Paris Express

Etat d'avancement des travaux du Grand Paris Express

Le réseau de transport en commun francilien est construit en étoile (réseau radial), il part du centre de Paris et se déploie en rayon vers l'extérieur.

Dès les années 1960, les pouvoirs publics imaginent la construction de lignes en rocade contournant la capitale et qui se connecteraient au réseau, créant ainsi un maillage. Il faudra attendre les années 1990 pour que les premiers projets concrets apparaissent avec Orbitale. Une déclinaison locale Orbival sera élaborée en 2006, soutenue par le département du Val-de-Marne. La même année, la RATP présente Métrophérique, un projet de rocade similaire.

A partir de ces différents projets, la région Île-de-France et la RATP, dans le cadre d'un Contrat de projets Etat-Région 2007-2013, proposent un programme de construction de quatre arcs en proche couronne, 60 kilomètres de rails et une quarantaine de stations, qui a pour objectif de relier les pôles économiques et de soulager les radiales saturées, il se nomme Arc Express.

En 2009, le l’Etat lance le projet Grand Paris qui doit faire de l'agglomération parisienne une ville-monde. Le volet transport en commun, Métro Grand Paris, consiste à créer trois lignes, deux boucles et le prolongement de la ligne 14 du métro jusqu'aux aéroports de Roissy et Orly. D'une longueur de 155 km, constitué d'une quarantaine de gares, ce projet favorise la vitesse de déplacement pour desservir les grands pôles économiques, les centres de recherches, les infrastructures de transports internationaux existantes et à venir.

En 2011, après une période conflictuelle, un accord entre l'Etat et la région est trouvé, le Grand Paris Express (GPE) est né. Il réunit les objectifs de proximité de la région et la vision expansionniste de l'Etat, son tracé mesure plus de 200 km et dessert 68 gares.

La Société du Grand Paris (SGP) est créée pour gérer cet immense projet évalué à 30 milliards d'euros, elle remettra au Syndicat de Transport d'Île-de-France (STIF) la gestion du réseau au fur et à mesure de la réalisation des lignes.

Le projet évolue jusqu’en 2017. Le prolongement de la ligne 14 jusqu'à Roissy est abandonné. La rocade entourant Paris est constituée de la ligne 15 au sud et de la ligne 16 au nord, sur laquelle viendra se greffer la ligne 17 jusqu’à Roissy. La ligne 18 reliant Orly jusqu'au plateau de Saclay reste en discussion.

Le GPE intègre des projets validés antérieurement qui sont en cours de réalisation : le prolongement de la ligne 11 de la mairie des Lilas jusqu'à Rosny-sous-Bois et du RER E de Saint-Lazare au quartier d'affaires de la Défense avec une connexion au réseau SNCF ouest de l'Île-de-France.

Le GPE inscrit dans son projet un tronçon compris entre Rosny-sous-Bois et Noisy-le-Grand.

Le territoire d'ENDEMA93 est directement impacté par le prolongement du RER E, des lignes de métro 11 et 16 et de la ligne de tramway 4. La réalisation du Grand Paris Express en Seine-Saint-Denis permettra de désenclaver, dynamiser et rendre plus accessible notre département.

Le prolongement du RER E jusqu'à la Défense, prévu pour 2022, va soulager le RER A, totalement saturé, et permettre de relier directement les réseaux ferrés est et ouest Parisien (voir ici).

Cet équipement est un facteur de développement d'activités à forte valeur ajoutée, qui doit bénéficier en priorité à la Seine-Saint-Denis, et ne pas contribuer à développer plus encore les activités économiques largement excédentaires de l’ouest parisien.

Cette connexion rendra plus attractif l'immobilier séquano-dionysien, dont le coût est moins élevé qu’à l’ouest, pour une population travaillant dans le tertiaire avec des revenus supérieurs à la moyenne départementale.

Toutefois, ce développement ne doit pas ouvrir à une spéculation immobilière au détriment des populations locales les plus fragiles, ni à un bétonnage des espaces naturels.

La mise en service de la ligne de métro 11, en construction entre la mairie des Lilas (actuel terminus) et Rosny-sous-Bois, soit 6 km et 6 nouvelles stations, devrait intervenir en 2022 (voir ici).

Le tronçon Rosny-sous-Bois / Noisy-Champs, prévu dans le cadre du GPE et qui concerne directement notre territoire, n'a pas, à ce jour, reçu les financements garantissant sa réalisation (voir ici).

ENDEMA93 s’inquiète des projets très ambitieux de construction de logement à Neuilly-sur-Marne et demande que les travaux, notamment dans la ZAC de Maison Blanche, soient conditionnés à la signature de l'accord de financement par la SGP. Les promesses faites à Clichy-sous-Bois et à Montfermeil dans les années 1970 et leurs conséquences sont encore dans toutes les mémoires.

La construction de la ligne de métro 16 reliant le Bourget à Noisy-le-Grand avec une connexion à l'ensemble du réseau Francilien et une gare à Clichy-sous-Bois / Montfermeil est en partie financée. Les travaux préparatoires ont commencé, la gare de triage de Chelles a été aménagée pour recevoir un des tunneliers qui servira à évacuer les déblais (voir ici).

« Cette ligne essentielle au développement de l’est de la métropole » (extrait du site GPE), qui désenclavera enfin le plateau, est primordiale dans la réduction des inégalités territoriales.

Or, la mise en service, prévue en 2023, semble remise en question du fait du coût des travaux pour les Jeux Olympiques en Seine-Saint-Denis.

Le conseil de territoire, alarmé quant à la réalisation du projet dans son intégralité, a émis le 17 octobre 2017 un « vœu relatif à la réalisation de tous les projets de transports sur le territoire ».

La mise en service de la ligne de tramway 4 (voir ici) est prévue pour 2018, elle complétera le maillage de transport en commun. Mais cette ligne ne sera pas réalisée en totalité : sur les 11 stations initialement prévues, 2 stations situées sur la boucle de retour de l’hôpital de Montfermeil sont supprimées (lire ici).

Tous ces aménagements vont profondément modifier les flux de déplacements et l'utilisation des transports en commun, mais ils vont surtout bouleverser la nature du développement des communes. En effet, l'arrivée de ces équipements et leur connexion avec le réseau francilien va offrir des opportunités économiques et attirer des populations qui jusqu'à maintenant évitaient notre département, rebutées par la mauvaise desserte en transports de l'est parisien.

Pour que ces mutations soient bénéfiques à toutes les populations de notre territoire et plus largement à la Seine-Saint-Denis, les communes et le territoire Grand Paris Grand Est doivent anticiper ces changements profonds et allier croissance économique et construction de logements avec la protection de l'environnement.

ENDEMA93 soutient le principe qu'il ne peut y avoir de développement durable sans espaces naturels suffisants, sans biodiversité dynamique, sans réduction de la pollution, sans bâtiments économe en énergie, sans prise en compte des déplacements doux.

Le Grand Paris Express est une formidable opportunité pour réinventer la ville, ne reproduisons pas les erreurs du passé.